Raconter sa vie : bienfaits, méthode et origines du récit de soi
Le pouvoir des mots est immense et traverse le temps. Imaginez retrouver des êtres chers par la seule lecture. Au fil des pages, ce serait une découverte : entrevoir leur existence, apprendre de leur passé, entendre leurs confidences, éprouver leurs sentiments, (re)vivre leurs plus grands moments… L’écriture permet cela, elle est une incroyable manière de garder un lien avec une personne. Raconter sa vie, pour l’autre ou pour soi-même, prend alors une autre dimension. Il ne s’agit plus uniquement d’un travail sur soi-même, c’est aussi (et surtout) un partage vertueux avec autrui. En poursuivant cette lecture, vous découvrirez les multiples bienfaits de l’écriture de son récit de vie. Plus encore, vous comprendrez comment être accompagné dans cette démarche qui, depuis l’antiquité, préoccupe les hommes.
Les vertus inestimables de l’écriture de son histoire
Rédiger son histoire présente une immense richesse que ce soit pour soi-même ou pour les autres. Bien-être, lien tissé avec les générations, sérénité face à l’avenir… se prêter au jeu et conter son passé amène plusieurs bienfaits.
La catharsis et le bien-être apportés par les mots
L’effet de catharsis de l’écriture est bien connu. Vous pouvez en effet écrire pour aller mieux. En nommant les choses et en mettant des mots sur vos émotions, l’effet libérateur opère grâce à la prise de recul. Cela agit comme une thérapie et amène un sentiment de légèreté lié à l’effet de purge ou bienfait cathartique. Prendre la plume peut aussi être une manière de se libérer de secrets, de traumatismes ou de regrets.
L’écriture a d’autres vertus pour le corps et le mental. Elle permet notamment de consolider sa mémoire. L’analyse et la mise à distance d’événements amènent plus de facilité pour l’intégration profonde des
informations par le cerveau, explique Sylvie Gendreau, professeure d’écriture créative. Lors d’une interview pour Radio France, elle expose qu’écrire de façon régulière constitue un très bon moyen d’entraîner sa mémoire à apprendre. Rédiger peut enfin avoir des vertus sur le sommeil et agir positivement auprès de personnes souffrant d’état dépressif. Il y a ainsi de nombreuses raisons de vouloir poser ses mots, sur le papier ou sur le clavier.
Un lien tissé avec les générations futures grâce au texte
Écrire sur soi est aussi une façon efficace de se tourner vers les autres. Il s’agira de faire connaissance avec la génération future, de se révéler directement auprès de sa descendance par exemple, sans intermédiaire. Tout être humain n’a-t-il pas la volonté de laisser une trace de son existence, quelle qu’elle soit, pour ses semblables ? Lire des Mémoires, c’est découvrir quelqu’un, une personnalité, une période de l’histoire. Imaginez avoir entre les mains un manuscrit qui retrace la vie de votre grand-mère partie trop tôt ou de l’arrière-grand-père que vous n’avez jamais connu ! Ce trésor apporterait sans doute son lot d’émotions et de surprises. Ce serait une sorte de cadeau offert pour les générations futures : donner la chance d’une rencontre inédite ou de retrouvailles sur papier. Les mots deviennent alors une véritable connexion à l’autre. « Les paroles s’envolent, les écrits restent », formulait déjà Horace à l’Antiquité. L’objectif était alors d’inciter le peuple à retranscrire, par écrit, ses connaissances pour assurer ainsi la passation du savoir.
Une plus grande sérénité pour l’avenir avec la rédaction de son vécu
Si écrire libère souvent de ses maux passés, cela peut aussi être une façon d’agir positivement sur son futur. Le parcours de la narration demande de se plonger dans ses souvenirs, de voyager intérieurement. Poser les choses et les coucher sur le papier permettent de prendre du recul. L’analyse est alors beaucoup plus aisée, comme si une distance avait été prise. Cette écriture peut agir comme une boussole, produire l’effet d’un essuie-glace qui viendrait apporter davantage de netteté à son parcours. Une certaine clairvoyance et lucidité sur ses priorités se dessine alors. On discerne mieux ce qui est important de ce qui l’est moins dans notre parcours. Un nouveau sens peut être donné aux choses. En posant les mots sur notre vécu, nous nous posons nous-mêmes face à notre vie et parvenons ensuite mieux à voir le chemin devant nous. L’introspection amène une meilleure connaissance de soi. Se prêter à l’exercice apporte de la sérénité et un autre regard sur sa personne, souvent plus indulgent et bienveillant.
Raconter sa vie en s’accompagnant d’un biographe
Par où commencer pour ne pas se perdre dans la narration ? Comment raconter sa vie sans s’étendre en anecdotes et noyer son récit ? S’entourer de l’expérience et du savoir-faire d’un professionnel est sans aucun doute l’idéal. L’accompagnement d’un biographe peut être personnalisé et ajusté à vos souhaits. C’est une aide précieuse qui simplifie généralement beaucoup la tâche et efface l’angoisse de la page blanche.
Être guidé et appuyé par un professionnel pour écrire son passé
George Sand en 1855 disait : « Je ne pense pas qu’il y ait de l’orgueil et de l’impertinence à écrire l’histoire de sa propre vie, encore moins à choisir, dans les souvenirs que cette vie a laissés en nous, ceux qui nous paraissent valoir la peine d’être conservés. Pour ma part, je crois accomplir un devoir, assez pénible même, car je ne connais rien de plus malaisé que de se définir et de se résumer en personne. » L’écrivaine pose ici le premier obstacle que peut représenter l’écriture sur soi, loin d’être la plus aisée. Se détacher des événements vécus, les sélectionner, poser les bons mots sur des faits marquants ou exceptionnels de sa propre existence peut constituer un travail ardu. La collaboration avec un biographe devient alors un appui des plus appréciables pour mettre en exergue les points saillants de votre récit. Sa mission : mettre sa plume à votre service pour relater ce qui vous tient à cœur. Il rendra immortels ces instants partagés. Faire raconter votre histoire par un professionnel devient alors un moyen plus simple et accessible pour écrire son passé avec davantage de sérénité.
Offrir la plume d’un écrivain public comme cadeau inestimable pour les siens
Choisir de partager avec vos proches votre récit de vie peut représenter un cadeau considérable. Vous offrirez un partage de grande valeur : celui de votre vécu, de vos expériences, de vos sentiments. Le temps se figera alors pour toujours sur ces instants que vous aurez eu envie de dépeindre. N’est-ce pas là un don des plus précieux ?
Mais un autre présent inestimable est aussi possible : prêter la plume d’un écrivain public à un être cher pour bâtir son propre récit. La personne laissera alors une trace indélébile de son passage. Imaginez des parents avoir la possibilité de transmettre leur récit de vie à leurs petits-enfants devenus adultes !
Les seuls prérequis : convenir d’un ou plusieurs temps d’échange avec l’écrivain pour définir le projet et partager des moments de vie avec les intéressés. Chaque collaboration étant unique, il convient d’aborder en amont la façon la plus adaptée d’avancer pour un travail de qualité. Vous trouverez plus d’informations sur les différents accompagnements sur cette page.
Écrire seul avec un accompagnement de relecture
Vous souhaitez avancer seul sur ce travail d’écriture, mais vous doutez du résultat final ? Une relecture peut être un excellent moyen d’obtenir un autre regard sur un récit ô combien personnel ! C’est vous qui choisissez ce dont vous avez besoin. De la retouche simple aux modifications approfondies, en passant par la réécriture ou la relecture classique, les services s’adaptent à vos souhaits et à votre projet. Une simple correction s’attache à l’orthographe, la syntaxe, la grammaire, conjugaison, ponctuation, typographie.
Une correction plus détaillée prêtera attention aux répétitions et au style. Les éventuelles maladresses peuvent être revues et le vocabulaire pourra être enrichi. Vous pouvez également opter pour une réécriture afin de reformuler et revoir des textes incertains, des passages non aboutis… Les échanges en amont permettront que l’aide du professionnel soit la plus utile possible. Si vous préférez toutefois avancer seul du début à la fin, il vous faudra prêter une attention toute particulière pour écrire sans faute.
L’écriture des récits de vie : une démarche antique essentielle
Vouloir retracer son vécu n’est pas une démarche nouvelle, bien au contraire. Depuis des millénaires, l’homme a besoin de laisser une trace de son passage, de témoigner et de transmettre aux autres. Et quoi de plus efficace que l’écriture pour traverser les siècles ?
Les prémices de l’écriture sur soi : une volonté de témoigner
On trouve trace des premiers écrits ressemblant à de l’autobiographie avec des auteurs comme Saint-Augustin et ses Confessions, vers l’an 400. L’œuvre est jugée par beaucoup comme fondatrice du genre. Elle est à la fois littéraire, philosophique et théologique. L’homme y raconte sa quête vers Dieu en y avouant ses propres péchés.
Des textes médiévaux comme ceux d’Abélard vers 1129 tendent aussi vers le récit de soi.
Sous la forme d’une lettre, traduite par Histoire de mes malheurs, Pierre Abélard conte les grands événements de sa vie. Qu’ils soient de teneur religieuse ou qu’ils constituent des récits profanes, ces ouvrages possèdent les principales caractéristiques du genre : introspection, lyrisme et visée morale.
L’écriture sur soi se développe particulièrement à la Renaissance en Europe. Souvent liés aux familles puissantes, ces écrits décrivent le monde de la cour comme pour les Mémoires de Saint-Simon. D’autres styles gravitent autour de l’autobiographie comme les livres de comptes des familles bourgeoises dès le 16e siècle. Certains sont davantage littéraires comme l’autoportrait avec par exemple Les Essais de Montaigne. L’auteur converse par écrit avec son ami mort. Le genre mêle ainsi expériences personnelles, réflexions psychologiques et exemples historiques. Le Cardinal de Retz, quant à lui, prend la plume au début du 18e siècle lors de son exil. Il a soixante ans et raconte sa vie politique en pleine guerre civile. À chaque fois, le récit autobiographique entend apporter un témoignage unique.
L’avènement de l’autobiographie et de la retranscription fidèle
C’est sans doute avec les Confessions de Rousseau et ses six premiers volumes que le genre autobiographique s’installe vraiment. Ce n’est pas un hasard si l’auteur reprend le titre de Saint-Augustin en s’engageant sur le même terrain. « Si Rousseau n’a pas inventé le genre (…), il en a réalisé d’un seul coup presque toutes les virtualités », développe le critique Philippe Lejeune. Au centre de l’œuvre du philosophe se trouvent les questions cruciales de l’autobiographie : l’identité et la façon dont on devient soi. L’écrivain répond aux accusations et montre dans l’œuvre une évolution psychologique importante. Le genre littéraire, que Rousseau a défini lui-même, est à la fois une restitution du vécu, mais aussi des événements. Lejeune en donne la signification suivante : « récit rétrospectif en prose qu’une personne réelle fait de sa propre existence, lorsqu’elle met l’accent sur sa vie individuelle, en particulier sur l’histoire de sa personnalité. »
Se succèdent ensuite différents types de récits tendant vers le didactique, l’aventure ou encore la psychanalyse. Le « je » de l’autobiographie est introspectif contrairement à celui des Mémoires où le sujet n’a d’importance qu’en tant que témoin d’une époque.
La biographie ou l’autobiographie séduit et de nombreux auteurs s’y adonnent, comme un besoin viscéral de témoigner, de laisser une trace de son existence. Depuis, les genres ne cessent d’évoluer et les styles de se multiplier. L’envie d’écrire son parcours perdure, elle est centrale et humaine.
Écrire ses mémoires, exposer sa vie, relater son vécu, révéler son passé, témoigner de son existence, publier son autobiographie… Pour y parvenir, il convient de dépasser l’idée d’un exercice égocentrique et nombriliste pour apercevoir les vraies vertus de l’écriture de son histoire. Raconter sa vie constitue un travail essentiel et bénéfique, que ce soit pour soi ou pour les autres. Et si écrire était le plus inestimable des cadeaux ? N’attendez plus et sautez le pas !
Article rédigé par Ève
SOURCES :
Psychologies – 5 bienfaits insoupçonnés de l’écriture
Larousse – Définition « autobiographie »
